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Retraite NestGen

Optimisation du retour sur investissement : comment les organisations justifient réellement le déploiement de drones autonomes

Shloka Maheshwari

Shloka Maheshwari

Product Marketer, FlytBase

Optimisation du retour sur investissement : comment les organisations justifient réellement le déploiement de drones autonomes

La plus grande erreur que commettent les entreprises lorsqu'elles élaborent un plan d'affaires pour les drones autonomes est de croire que le retour sur investissement se résume à un simple exercice de calcul. C'est rarement le cas.

Les chiffres sont importants. Les dirigeants demanderont tôt ou tard des comparaisons de coûts, des délais de retour sur investissement et des projections financières. Mais en pratique, les déploiements sont rarement approuvés simplement parce que les calculs sont simples. Ils sont approuvés lorsque les organisations comprennent où réside la véritable valeur ajoutée et jusqu'où elles doivent aller pour la découvrir.

Une discussion lors de NestGen a permis d'illustrer cette idée par une métaphore simple : le retour sur investissement est comme une fouille archéologique.

Une partie de la valeur est immédiatement perceptible. Remplacez un processus coûteux par un autre plus efficace et le retour sur investissement devient évident. Mais dans de nombreux déploiements, la véritable valeur est plus profonde. Elle se manifeste par la réduction des interruptions de service, la détection plus précoce des pannes, une sécurité accrue ou une résilience opérationnelle renforcée.

Plus le contexte organisationnel est profond, plus les fouilles nécessaires sont profondes.

La couche superficielle : valeur de remplacement

Le point de départ le plus simple est le remplacement direct. Si un système de drones autonomes peut remplacer un processus coûteux ou répétitif, la justification économique devient relativement évidente. Les itinéraires de patrouille, les inspections manuelles et la surveillance par hélicoptère sont des exemples courants où les drones peuvent réduire considérablement les coûts d'exploitation.

Dans ces cas-là, le calcul du retour sur investissement compare deux chiffres : combien l’organisation dépense-t-elle aujourd’hui pour accomplir une tâche, et comment cela se compare-t-il à l’exécution de la même tâche avec un système autonome ?

Lorsque le processus existant est coûteux et répétitif, l'argument économique s'impose rapidement. Mais la discussion a mis en lumière une réalité importante : dans la plupart des déploiements concrets, les drones ne remplacent pas entièrement les opérations humaines. Ils modifient plutôt le modèle opérationnel.

Les drones sont extrêmement efficaces pour les tâches de surveillance, d'observation et de vérification de routine. Les équipes humaines restent indispensables pour les enquêtes, la prise de décision et l'intervention sur le terrain. Les analyses de rentabilité les plus convaincantes privilégient ce modèle hybride plutôt que de présenter l'automatisation comme un remplacement total.

La couche organisationnelle : là où de nombreux projets s’enlisent.

Même lorsque la rentabilité est évidente, les déploiements se heurtent souvent à un autre obstacle : les organisations elles-mêmes. Les grandes entreprises approuvent rarement les projets sur la base d’un seul argument de retour sur investissement. Les différentes parties prenantes évaluent un même déploiement selon des perspectives très différentes.

Les équipes financières se concentrent sur les délais de retour sur investissement et l'optimisation des coûts. Les équipes informatiques évaluent les risques de cybersécurité et les exigences d'intégration réseau. Les services juridiques analysent les contrats, les risques de non-conformité et les implications réglementaires. Les responsables des opérations cherchent à comprendre comment la technologie s'intègre aux flux de travail quotidiens.

Cela signifie qu'un seul déploiement nécessite souvent plusieurs analyses de retour sur investissement simultanées.

Ce même projet doit être envisagé sous l'angle de la réduction des coûts pour la finance, de l'atténuation des risques pour les opérations, de la garantie de sécurité pour l'informatique et de l'amélioration opérationnelle pour la direction. Harmoniser ces perspectives prend souvent beaucoup plus de temps que ne le suggère le modèle financier initial.

Dans de nombreuses organisations, cette complexité interne devient le véritable obstacle. La valeur de la technologie est peut-être évidente, mais sa mise en œuvre entre les différents services exige une concertation étroite avec les parties prenantes.

La couche de prévention : là où se manifestent souvent les véritables enjeux économiques

À mesure que les organisations analysent plus en profondeur, un autre aspect du retour sur investissement se révèle : la valeur de la prévention. Remplacer un processus permet de réaliser des économies. Prévenir un échec permet d’économiser bien plus.

Dans les environnements à forte composante infrastructurelle, les coûts les plus importants proviennent rarement des opérations courantes. Ils résultent plutôt d'événements imprévus tels que des pannes d'équipement, des interruptions de service, des réparations d'urgence ou des retards dans l'intervention en cas d'incident.

Les systèmes de drones autonomes changent la donne en augmentant la fréquence et la régularité des inspections. Au lieu de contrôles manuels périodiques, les organisations peuvent observer les infrastructures plus fréquemment et détecter les anomalies plus tôt.

Détecter un problème mineur à un stade précoce peut éviter une panne bien plus grave par la suite. Dans de nombreux contextes, le simple fait d'éviter une interruption de service ou une réparation d'urgence justifie à lui seul l'investissement total. Ce volet de prévention est plus difficile à quantifier précisément, mais il constitue souvent l'argument le plus convaincant dans la justification économique du projet.

Les aspects cachés : sécurité, durabilité et qualité opérationnelle

Au-delà de la prévention, d'autres avantages apparaissent. De nombreuses tâches d'inspection exposent les travailleurs à des environnements dangereux, qu'il s'agisse d'ascensions de tours, de terrains isolés ou de zones industrielles à haut risque. Réduire l'exposition à ces risques présente un intérêt opérationnel et éthique évident.

L'impact environnemental est un autre aspect à prendre en compte. Le remplacement des méthodes d'inspection énergivores par des systèmes autonomes électriques peut réduire considérablement les émissions opérationnelles, ce qui est important pour les organisations ayant des engagements en matière de développement durable ou des obligations de déclaration réglementaire.

La qualité opérationnelle s'améliore également. Les systèmes autonomes effectuent des inspections selon des trajectoires de vol constantes, une capture d'images standardisée et une collecte de données reproductible. À terme, cela permet d'obtenir une meilleure documentation, des pistes d'audit plus robustes et une surveillance des infrastructures plus fiable.

Pris individuellement, ces avantages ne constituent peut-être pas un élément déterminant d'un modèle financier. Ensemble, ils renforcent considérablement la pertinence globale de l'entreprise.

La couche stratégique : une valeur qui se capitalise au fil du temps

Le retour sur investissement le plus important se manifeste souvent après le déploiement. Une fois les systèmes autonomes intégrés aux opérations quotidiennes, les organisations découvrent fréquemment des fonctionnalités qui n'étaient pas prévues initialement. Une vérification plus rapide des incidents, une meilleure connaissance de la situation, des données opérationnelles plus riches et une couverture de surveillance étendue peuvent ouvrir la voie à des flux de travail entièrement nouveaux.

Un système initialement déployé pour les inspections peut ultérieurement prendre en charge la surveillance de la sécurité, la gestion des actifs, la réponse aux incidents ou l'analyse opérationnelle. À mesure que ces fonctionnalités s'étendent, la valeur du déploiement se multiplie. Le système évolue d'un outil à usage unique vers une plateforme opérationnelle plus large.

Le retour sur investissement n'est pas un calcul. C'est une exploration.

L'enseignement le plus important de cette discussion est qu'il n'existe pas de formule universelle pour calculer le retour sur investissement des drones autonomes.

Certaines organisations peuvent justifier ces déploiements par une simple analyse économique du remplacement. D'autres doivent étayer leurs arguments par des données plus approfondies, incluant la valeur préventive, les améliorations en matière de sécurité, les avantages en matière de durabilité et la résilience opérationnelle.

La profondeur d'analyse appropriée dépend de l'organisation et du problème à résoudre. Cependant, une tendance s'est dégagée de manière constante de la conversation : les organisations qui réussissent ne sont pas celles qui possèdent les tableurs les plus sophistiqués, mais celles qui sont prêtes à approfondir leur analyse. Car plus l'analyse est approfondie, plus l'argumentaire commercial est convaincant.